Les conseils du Doc’ pour passer un été sans se déchirer !

La déchirure musculaire : pas si simple qu’elle n’en a l’air ! 

Article écrit par Dr MASSON Etienne  (112 AVENUE DE LA SOMME 33700 MÉRIGNAC – 05 56 34 36 21)

C’est l’été. Vous avez envie de reprendre une activité physique, de jouer au foot avec vos enfants… une activité physique à laquelle vous n’êtes pas habitué. Attention à ne pas surestimer vos capacités. La déchirure musculaire peut vous rappeler à de dures réalités. Une douleur musculaire vive ou qui dure plus de trois jours ne doit pas être sous-estimée. En effet, une lésion musculaire mal soignée peut entraîner des complications. Trop souvent banalisée, je vois atterrir dans mon cabinet des patients présentant les complications d’une déchirure mal soignée.

 

Voici quelques conseils :
Tout d’abord, comme pour toute activité physique, les règles de bon sens, à savoir, une bonne hydratation/alimentation, un échauffement simple, doivent être faits surtout en cas d’antécédent de déchirure. Il faut adapter sa pratique sportive à ses capacités physiques, ne pas s’entraîner au-delà de ses capacités et se méfier des reprises sportives trop brutales. N’oubliez pas de faire des étirements en fin d’exercice.

 

Si malheureusement elle survient, quels sont les signes qui permettent de distinguer un accident musculaire bénin d’un accident musculaire qui requiert une prise en charge médicale ?

En pratique, les pathologies musculaires peuvent se présenter selon deux modes bien distincts suggérant ou non la nécessité d’une consultation médicale :

SOIT la douleur apparaît progressivement et de manière diffuse pendant, à l’arrêt ou à distance de la pratique du sport. Il s’agit d’un accident musculaire bénin (il n’y a pas de véritables lésions des fibres musculaires). Cela peut correspondre à une courbature qui est une douleur musculaire apparaissant le lendemain d’un effort et qui persiste 2 à 3 jours ou une contracture qui entraîne un spasme musculaire prolongé survenant immédiatement après l’effort et cédant en quelques jours.

SOIT la douleur apparaît brutalement pendant l’activité sportive, elle est très vive et persiste dans la vie quotidienne pendant plus de 3 jours. Il s’agit d’un signe d’alarme tout comme la perception d’un « claquement » qui nécessite une consultation du doc.

Que faire en cas d’accident musculaire bénin (pas de lésions musculaires) :
Elles ne nécessitent que quelques jours de repos en général, une bonne hydratation, des étirements et des massages qui peuvent être réalisés seul ou par le kiné.

Que faire en cas de véritable lésion/déchirure musculaire :
C’est là qu’il est préférable de voir le doc car les signes d’alarmes sont présents. Il va évaluer la gravité de la blessure et classer la blessure dans l’un des 3 stades de gravité suivants :

Le stade 1 dit l’élongation. Elle correspond à un étirement du muscle avec déchirure de quelques fibres, sans hématome à l’échographie. La gêne fonctionnelle est modérée.

Le stade 2 dit la déchirure ou le « claquage ». Il s’agit de la rupture de quelques fibres musculaires avec apparition d’un hématome intramusculaire. Elle entraîne une douleur brutale avec perception d’un « claquage » par le patient, imposant l’arrêt immédiat de l’activité.

Le stade 3 dit la rupture. Elle est rare. Cliniquement, on note la présence d’une douleur intense ainsi qu’une gêne fonctionnelle totale et immédiate.
Le doc pourra s’aider d’une imagerie, le plus souvent une échographie, afin d’affiner son diagnostic et surtout de rechercher un éventuel hématome trop grand qu’il faudrait ponctionner.
En fonction de la gravité, il indiquera un protocole de soins et le temps d’indisponibilité qui en découle (jusqu’à la reprise de l’entrainement et de la compétition).

Les grands principes sont les suivants :
Les 3 premiers jours sont simples : Repos, compression, élévation, glace pendant 15 minutes 3 à 4 fois par jour. L’objectif est de faire cesser l’hémorragie, résorber l’hématome et de réduire l’inflammation. À ce stade, on évite l’aspirine (risque de majoration d’un éventuel saignement) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens car ils ralentissent la régénération musculaire.
Passée cette première phase, le repos est une fausse bonne idée. Il faut «expliquer » au muscle comment se réorganiser. En effet, si vous restez au repos strict, les fibres musculaires lésées se régénèrent mais de manière chaotique. Pour éviter cela, il faut faire des contractions et étirements musculaires doux. Cette phase délicate doit se faire sans douleur. C’est là que le kiné intervient. Il va favoriser et guider la cicatrisation musculaire lors de plusieurs séances. Il sera de plus en mesure de tester la résistance musculaire à l’effort et ainsi de donner le feu vert à la reprise de l’activité sportive. L’objectif de cette phase est d’éviter une cicatrice épaisse et adhérente qui gênerait le sportif à la reprise et pourrait fragiliser le muscle (risque de récidive d’une déchirure musculaire). Un traitement par ondes de choc pourrait aider à traiter cette fibrose si elle est présente.

A savoir : deux causes de déchirures musculaires sont possibles ; une contraction trop violente et trop rapide (lors d’un sprint par exemple) ou un choc sur un muscle (la béquille). Et oui, la béquille tout comme le « claquage », doit être prise au sérieux.

Quelques pièges à éviter :

1- Reprendre rapidement l’activité physique :
Bien souvent après une blessure, on veut reprendre le sport tambour battant. Mauvaise idée ! Une reprise progressive est conseillée sous la surveillance de l’entraîneur si possible (phase de réathlétisation).
2- A contrario, prolonger au-delà de 3 jours un repos complet
Par crainte d’une rechute certains prolongent le repos complet au-delà des 72h. Ce n’est pas très bon pour la régénération du muscle et peut être à l’origine d’une fibrose, source de douleurs chroniques et de récidives.
3-Prendre des anti-inflammatoires pour calmer la douleur :
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (IBUPROFENE, KETOPROFENE, ASPIRINE et autres…) sont à éviter, ceci afin d’optimiser les processus de cicatrisation et de régénération du muscle et d’éviter le saignement.
4- Sous-estimer une douleur vive ou une douleur qui dure
Une douleur vive durant l’activité sportive ou non, une douleur qui dure plus de 3 jours, a fortiori les deux, nécessitent un avis médical.

Conclusion
Profitez de l’été pour faire du sport sans forcer vos talents, du soleil modérément, de la famille, des amis et de la vie pleinement.

Article écrit par  Dr MASSON Etienne 112 AVENUE DE LA SOMME 33700 MERIGNAC 05 56 34 36 21

https://www.linkedin.com/in/etienne-masson-5898a3128/  Médecin du sport / Médecin au FC Girondins de Bordeaux

Le Sport Athlétique Mérignacais (S.A.M) est un club omnisports, créé le 4 février 1972. De la pratique individuelle aux sports d’équipes, de l’activité de loisir à la compétition de haut niveau, le SAM propose un grand choix d’activités sportives.

Actualité

A Lire Également